Introdution : Energy harvesting avec E-peas – conception d’un circuit « test »

Il y a pas si longtemps, j’ai découvert un peu par hasard le principe de “Energie harvesting”. Ce qui se cache derrière ce terme qui peut paraître abrupt au premier abord n’est pas très complexe. l’Energie harvesting caractérise un système qui a la capacité de récolter de l’énergie pour charger et/ou alimenter un circuit. Cette discipline s’appuie dans la plupart des cas sur des sources d’énergie primaire propre telles que le solaire, la chaleur, le mouvement, les vibrations, ect…

Si vous êtes ici, c’est que vous avez surement déjà envisagé l’ajout d’un panneau solaire afin de prolonger la durée de vie de vos projets. Dans ce cas, vous savez surement que pour charger ce type de batterie il est nécessaire de respecter une tension de charge ainsi qu’un niveau de courant qui s’évaluent en fonction de la charge de la batterie (pas simple donc…).

Dans la plupart des cas, il est donc judicieux de prendre des panneaux solaires qui produit une énergie supérieure à celle demandée par la batterie. C’est le cas de figure le plus répandue aujourd’hui, puisque simple à mettre en place et adapté à beaucoup de situations. Généralement, ces circuits reposent sur la puce TP4056.

Image provenant de la datasheet du TP4056

Cependant, si vous concevez des circuits qui consomment très peu il serait peut-être plus judicieux de s’orienter vers des puces d’énergie harvesting. Aujourd’hui, de plus en plus de microcontrôleurs « orienté basse consommation » n’auront à priori pas besoin d’un panneau solaire de taille 5cmx5cm. Beaucoup trop “rentable” et prenant de l’espace en plus pour rien. C’est précisément dans ce cas que les technologies d’énergie harvesting sont intéressantes.

L’ENERGIE HARVESTING C’EST QUOI?

Déjà, l’énergie harvesting est plutôt faite pour des circuits dormant la plupart du temps que fonctionnant 24h/24h. Aujourd’hui avec la montée rapide de l’IoT beaucoup ne cherche plus la performance comme à l’époque des premiers ordinateurs. On cherche la capacité à un circuit de très petite taille à fonctionner sur batterie le plus longtemps possible. Ce qui est possible grâce aux fonctions de sommeil profond notamment.

Ce genre d’application n’a pas besoin de panneaux solaires 6v ou plus, qui montre généralement bien trop puissant et imposant. Alors, pourquoi pas choisir l’énergie harvesting ?

Avec un dispositif d’énergie harvesting vous pourrez charger une batterie li-ion grâce à un panneau solaire, peu importe son exposition et sa taille, notamment grâce à une tension et une puissance de démarrage très faible. La seule différence que vous observerez c’est la vitesse de charge qui variera selon la quantité de lumière que le ou les panneaux capturent. Dans ce cas de figure, nous essayerons de sélectionner un panneau solaire qui fournit une énergie moyenne supérieure à l’énergie consommée par le circuit.

Image provenant de la carte AEMLION par Jasper Sikken vennat de Tindie

La prochaine question que je me suis posée c’est : Quelle puce choisir ?

QUE CHOISIR?

Le vidéaste Andreas Spiess ou encore l’entreprise OWI ont déjà fait un état de l’existant des technologies qu’il existe actuellement. En réalité, ce domaine n’est pas nouveau puisqu’il existait déjà avec l’apparition de l’électricité pour remonter des montres par exemple. Aujourd’hui, avec l’augmentation des dispositifs connectée on s’intéresse de plus en plus à des moyens propres et efficaces de prolonger la durée de vie de nos objets.

Extrait de la vidéo « #278 Energy Harvesting for Makers » d’Andreas Spiess

Il y a quelques années les leaders du semiconducteur tel que Texas Instrument avec sa série des BQ255xx ou même Linear technologies avec la série des LTCxxx dominaient le marché et fonctionne d’ailleurs toujours très bien. Aujourd’hui, beaucoup de nouvelles entreprises se tournent vers ce domaine novateur et tentent d’innover pour faire compétition aux grandes entreprises du semi-conducteur!

On pourrait notamment citer E-peas, OWI ou même Matrix industries. Les puces produites par ces entreprises possèdent généralement de meilleures performances et nous allons voir pourquoi!

D’après la vidéo de Andreas spiess les puces produites par l’entreprise E-peas serait la plus abordable et la plus complète. En effet, elle possède toutes les protections nécessaires pour permettre de charger une batterie avec un minimum de composants. Elle a également un rendement très correct et une sensibilité très basse. Notez qu’ici la sensibilité désigne la capacité de la puce à commencer la charge d’une batterie à très faible tension.
L’autre avantage de E-pease c’est que leurs gammes AEMxxxxx couvrent une majorité des secteurs intéressants pour l’énergie harvesting. Allant de l’énergie solaire classique à la captation d’énergie issue des ondes radio en passant par les très connues récoltes d’énergie venant d’éléments piezo (comme celle issue des vibrations). Leurs documentations sont également bien réalisées et vous pourrez même vous procurer une carte de développement facilement sur Tindie.

Tous les types de puce d’énergie harvesting d’E-peas. Image issue du site E-peas rubrique « Product/Energy harvesting »

L’entreprise Matrix industries produit uniquement des puces qui récupèrent de l’énergie issue d’une différence de chaleurs (typiquement avec des modules TEC peltier). Ils sont très efficaces dans ce domaine et l’intégration du système d’énergie harvesting nécessite peu de composants. Ce n’est pas de cette manière que je compte utiliser un module d’énergie harvesting dans cet article, c’est pourquoi je n’en parlerais pas plus ici.

Image et descricption issue du site de Matrix industries section « ENERGY HARVESTING »

OWI quant à lui est un industriel très prometteur et a sorti il y a peu de temps une puce censée surpasser toutes les autres. Il n’existe malheureusement que peu de moyens pour un maker classique de s’en procurer c’est pourquoi je n’en parlerai pas dans cet article.

L’ENERGIE HARVESTING PAR E-PEAS

Après réflexion j’ai décidé de m’intéresser aux puces conçues par E-peas et aux circuits (AEMSUCA, AEMLION), basés sur ces mêmes puces produites et vendues sur Tindie. Le maker Jasper Sikken a déjà beaucoup travaillé dessus et nous mâche pas mal de travail en publiant des articles qui tiennent compte notamment des performances de la puce. C’est d’ailleurs cette même personne qui commercialise sur Tindie évoqué plus haut. Des cartes de développement bien plus abordable que celle proposée par E-peas.

Si vous ne souhaitez pas vous orientez vers des puces E-peas sachez qu’il existe aussi beaucoup de cartes beaucoup plus abordables reposant sur des puces plus anciennes telles que la BQ25570 et LTC3588. Prenez bien le temps de lire la documentation pour ces modules puisque certains n’incluent pas de protection pour la charge de batterie!

Si vous comptez aller plus loin avec l’AEM10941 ou d’autres AEMxxxx alors sachez que les datasheets des puces sont très bien faites. Vous y trouverez également beaucoup d’informations qui vous permettront de réaliser vos propres circuits. C’est d’ailleurs ce que nous allons voir dans la suite de cet article pour concevoir le nôtre. Les puces de la série AEMxxxxx sont d’ailleurs disponibles à l’achat pour 4,00$ HT et sans frais de port sur le site Futjitsu electronics.

Comme je l’ai dit, E-peas ne produit pas uniquement des puces d’énergie harvesting pensée pour récolter l’énergie solaire. En effet, le catalogue propose également des puces pour récupérer de l’énergie provenant des fréquences radio, des vibrations ou d’une source d’énergie thermique.

Je me suis personnellement intéressé à l’AEM40940 qui est celui qui permet d’extraire de l’énergie provenant de fréquence radio. Pourquoi ? Et bien parce que c’est une méthode d’énergie harvesting peu mise en avant. Je veux donc savoir si elle est viable ou non. En particulier dans un immeuble d’habitation ou l’on a facilement une dizaine d’AP WIFI reçus!

Nous allons maintenant étudier la datasheet du composant et réaliser un cahier de charges des fonctionnalités que l’on souhaite implémenter.

RÉALISATION DU CAHIER DES CHARGES

Sachant que le circuit que je souhaite réaliser sera fait pour tester les fonctionnalités et les performances de la puce AEM. Je vais m’orienter vers un design pratique, sans grande contrainte de taille et qui doit permettre de couvrir la large palette des fonctionnalités qu’offre la puce.

Ce type de design est très courant, les constructeurs les appellent, “cartes de développement”. Comme leurs noms le laissent entendre, elles sont faites pour permettre aux utilisateurs de tester leurs produits. Mais bien souvent, leurs prix sont élevés (c’est le cas pour l’AEM40940). C’est en partie pour ça que j’ai souhaité réaliser la mienne.

Il est donc assez évident que pour réaliser ce circuit, je m’inspirerais beaucoup du design de carte de développement réalisé par E-peas. Est-ce que finalement il ne vaudrait pas mieux acheter directement la carte de développement malgré son prix ? me demanderiez-vous.

Je pense personnellement qu’en plus de l’argent économisé cela me permettra de mieux maîtriser les fonctionnalités de la puce. Si finalement je trouve qu’elle en vaut la peine, je n’aurai pas de mal à l’inclure dans mes prochains projets. C’est aussi un bon exercice pédagogique!

Dans un premier temps, je vous conseille de lire et prendre note des principales fonctionnalités de la puce que vous devez étudier. Quelles sont ces applications? À quoi ressemble le circuit autour ? À quoi sert chacune de ces broches ? Y a-t-il des spécificités en fonction des applications? ect…

Ces informations se trouvent généralement dans les premières lignes de sa datasheet! En fonction de ces notes, vous pourrez ensuite dégager plusieurs parties qui traitent généralement de chaque fonctionnalité puis enfin vous pourrez commencer à concevoir le circuit de vos rêves.

ANALYSE DE LA DATASHEET

Déjà, l’AEM40940 est une puce qui permet d’extraire une tension continue provenant des ondes radio environnantes pour aux choix charger une ou des batteries, ou alimenter directement un circuit. L’objectif, prolonger la durée de vie d’un circuit.

Les premières fonctionnalités que la datasheet met en avant sont les suivantes :

Ultra-low power start-up :

    • 380mV avec une puissance minimum de 3uW

RF power from -18.5dBm to 10dBm:

    • Tension d’entrée opérationnelle entre 50mV et 5V
    • Fonction MPPT opérationnel entre 50mV et 5V

Integrated 1.2/1.8 V LDO regulator:

    • Tension de sortie sélectionnable
    • Une charge allant jusqu’à 20mA

Integrated 1.8 V-4.1 V LDO regulator:

    • Une charge allant jusqu’à 80mA avec tension de chute allant jusqu’à 300mV
    • Tension de sortie sélectionnable

Ceci nous donne déjà un aperçu des conditions de fonctionnement du circuit, mais pour le moment on ne sait pas grand-chose… Par la suite, j’ai donc pris note des fonctionnalités “en général” que la puce propose. L’idée c’est de pouvoir comprendre comment le circuit fonctionne. Nous nous appuierons sur les descriptions des broches dans un premier temps puis nous décrirons leurs comportements de manière plus détaillée dans un second temps.

VUE D'ENSEMBLE DU CIRCUIT INTÉGRÉ

Voici la vue de dessus de la puce:

Et voici également le tableau des broches qui contient leurs noms (que vous retrouvez sur l’image au-dessus) ainsi qu’une courte description en anglais:

Notez que ces images sont extraites de la datasheet  !


<span style= »font-weight: 400; »>Le circuit intégré comprend déjà tous les composants actifs du système. Il suffira de <strong>5 condensateurs</strong> de taille 0402 et<strong> 2 inductances</strong> de taille 0603 pour fonctionner correctement et ceux, sans compter la ligne de transmission. Ce nombre est cependant variable en fonction du comportement que votre circuit doit avoir.</span>
<h4></h4>
<span style= »font-weight: 400; »>Le circuit sera actif dès que l’antenne fournira une tension <strong>380mV</strong> pour une puissance de <strong>3uW</strong> sur la broche SRC. L’énergie est utilisée afin de charger une batterie ou un supercondensateur. La plage de charge du circuit quant à elle va de<strong> 50mV et jusqu’à 5v</strong> selon vos réglages. </span>

<span style= »font-weight: 400; »>Avant de pouvoir recharger une batterie, quel que soit son type il donc nécessaire de définir sa tension de recharge et ses seuils de protection. Pour cela, il existe 3 broches destinées aux paramétrages du type de batterie <strong>CFG[2:0],  CFG[2:1], CFG[2:2]</strong>. </span>

La fonction MPPT peut être configurée en utilisant les deux broches de configurations SELMPP[1:0], SELMPP[1:1]. Les broches ENLV et ENHV elles, servent à activer ou désactiver les LDO’s qui permettent d’alimenter des charges dites basse ou haute tension (jusqu’à 1.8v sur ENLV = 1 et 4.1v si ENHV = 1).

Les broches STATUS[0], STATUS[1], STATUS[2] indiquent à l’utilisateur par un signal haut ou bas diverses informations telles que l’activation ou non du MPPT, si les LDO’s peuvent être activées ou encore si la tension de la batterie principale est trop basse. Cela introduit le concept de mode de fonctionnement que je développerai juste après! Pour le moment, je vous invite à vous référer au tableau des broches pour plus d’informations concernant leurs rôles.

La broche PRIM est faite pour accueillir une batterie de secours dans le cas ou la batterie principale se décharge. Dans ce cas, la batterie de secours s’occupera de recharger la première batterie avant que le circuit reswitch sur celle-ci.

Enfin, les broches LVOUT et HVOUT ainsi BUCK et BOOST sont les sorties d’alimentation respectivement des LDO’s basse et haute tension ainsi que du boost et du buck converter directement. J’en reparle plus bas!

MODE DE FONCTIONNEMENT DU CIRCUIT

La puce fonctionne au grès des différentes phases de fonctionnement! Ces phases sont décrites ci-dessous et suivent l’état de charge de la batterie et la puissance délivrée par “le récolteur d’énergie” :

Selon l’élément de stockage connecté sur la broche BATT du circuit, les tensions de seuil seront différentes, mais la logique reste la même.

Le mode « normal » est le mode le plus simple à comprendre puisqu’il caractérise simplement le circuit dans son mode normal de fonctionnement. C’est à dire, avec une batterie chargée!

Ensuite, le mode « éteint » est le mode dans lequel la puce se place quand la batterie est vide et qu’aucune batterie de secours n’est présente. Ce mode est temporaire et le circuit repassera en mode normal si la tension de l’élément de stockage repasse au-dessus du seuil bas (Vovdis) sous 600ms. Dans le cas contraire, la puce passera donc en mode sommeil profond.

Le mode « sommeil profond » se présente si la batterie est déchargée. Dans celui-ci, la puce est dite dormante, elle ne consomme plus rien. Pour passer au mode “wake up », il faut que la tension provenant de la source atteigne 380mV pour une puissance de 3uW.

Dans le mode « wake up », si la source a suffisamment chargé la batterie, alors la puce repassera en fonctionnement normal sinon et bien… elle restera en mode « wake up ».

La batterie peut aussi bien être déchargée que surchargée. Le mode « overvoltage » est celui actif si la tension de la batterie excède le maximum autorisé cette valeur dépend du type de batterie, c’est-à-dire de la configuration de la limite haute relative au type de batterie. Elle restera dans ce mode jusqu’à déchargement suffisant pour réactiver la charge.

Le dernier mode que le circuit inclut est le mode « primaire ». Ce mode est utilisable si le circuit dispose d’une batterie de secours. Ce mode s’active lorsque la batterie principale n’a plus assez d’énergie. Dans celui-ci, la batterie de secours va se mettre à charger la batterie principale jusqu’à ce qu’elle puisse de nouveau alimenter le circuit.

STOCKAGE DE L’ÉNERGIE CARACTÉRISTIQUE

Grâce à ces modes, il est désormais plus simple de comprendre comment le circuit fonctionne de manière globale. Nous allons désormais nous intéresser aux caractéristiques des différentes parties clefs pour concevoir un circuit autour de cette puce.

J’ai déjà évoqué le fait que cette puce peut charger plusieurs types d’élément de stockage. Vous le savez surement, il existe autant de manières de charger une batterie qu’il existe de batteries. Que ce soit la tension et le courant à appliquer à l’élément de stockage pour le charger, les valeurs de tensions retour maximum qui caractérise une surcharge, la tension de retour minimum qui indique que la batterie est déchargée. Vous  l’aurez compris, c’est souvent peu pratique si l’on veut switcher d’une technologie à une autre.

Comme je l’ai dit plus haut, les puces AEM supportent plusieurs types d’éléments de stockage. Il est néanmoins nécessaire de paramétrer la puce selon celui-ci… Rien de très compliqué en réalité, puisque les constructeurs ont prévu des broches de paramétrage.

Ci-dessous, vous pouvez observer un tableau qui détaille la logique à appliquer aux broches CFG[0], CFG[1] et CFG[2] pour rendre la puce compatible avec l’élément de stockage de votre choix.

Les paramètres sur lesquelles agissent et reposent les broches CFG sont les suivantes

Vbatt (Élément de stockage)

  • 2.2v et 4.5v, Condensateur (minimum 150 µF) -> 0v et 4.5v

Vovch (Tension maximale dans l’élément de stockage avant de couper les boost converter):

  • Entre 2.3 et 4.5v

Vchrdy (Tension minimale requise dans l’élément de stockage avant d’activer les LDOs après un “cold start”):

  • De 2.25 à 4.45v

Vovdis (Tension minimale requise avant de lancer la batterie de secours ou de passer en mode éteint puis en mode sommeil profond):

  • Entre 2.2 et 4.4v
 

Concernant la batterie de secours, nous avons également des précisions listées ci-dessous qui seront utiles pour la choisir. Il est également possible de modifier les paramètres de celle-ci avec les broches FB_PRIM_U et FB_PRIM_D, mais étant donné que je ne souhaite pas en ajouter je n’en parlerais pas et j’évoquerai brièvement les informations qui lui sont relatives.

Vprim(Tension dans la batterie de secours) :

  • De 0.6 à 5v

Vfb_prim_u (Retour sur la tension minimale de la batterie de secours):

  • Entre 0.15v et 1.1v
ATTENTION : Il y a une particularité si vous avez décidé de prendre un supercondensateur comme élément de stockage. Plus particulièrement si vous souhaitez en placer 2 en série. Pour pouvoir réguler correctement la tension de ceux-ci, il est nécessaire de connecter la broche BAL en leurs milieux comme ceci.

ALIMENTATION D’UN CIRCUIT

Nous l’avons vue, cette puce permet de charger un élément de stockage, mais pas seulement… Elle peut également alimenter un circuit en même temps! Pour cela, elle embarque 2 LDO’s qui fournissent une tension continue. On parle des broches LVOUT (low voltage out) ou HVOUT (high voltage out).

LVOUT : Entre 1.2v et 1.8v pour une charge entre 0mA et 20mA

HVOUT : Entre 1.8v et 3.3v pour une charge entre 0mA et 80mA

Ces broches sont respectivement alimentées grâce à des MOSFET Vbuck et Vboost et doivent être activées avec la broche ENLV (pour LVOUT) ou ENHV (pour HVOUT).

Dans certains cas où l’élément de stockage est vide dans ce cas la puce sera en mode sommeil profond ou réveil en fonction de l’état évaluée du circuit. Il sera ainsi impossible d’activer les LDOs. Il est possible de s’en assurer en observer la tension sur la broche STATUS[0].

En complément de ce que je viens de dire, vous trouverez ci-dessous un tableau récapitulatif des états de sortie de HVOUT et LVOUT en fonction des états de ENLV et ENHV.

CONFIGURATION MPPT

La fonctionnalité MPPT (maximum power point tracking) permet de maximiser la puissance extraite du système. En détectant les points d’extraction du système les plus rentables. Je ne vais pas développer cette fonctionnalité assez complexe dans cet article. Il est cependant bon de savoir que ce ratio peut-être configuré grâce aux broches SELMPP[0] et SELMPP[1]:

Lorsque le circuit est en mode ZMPP, la puce ne tente pas de satisfaire un ratio, mais une impédance décrite par la résistance connectée entre la broche ZMPP et le GND en régulant la tension Vsrc.

GESTION DE L’ANTENNE

l’AEM40960 est une puce faite pour extraire de l’énergie provenant d’antenne RF. Contrairement à un panneau solaire qui peut se brancher directement au circuit, le plus gros inconvénient de l’antenne est la gestion d’une ligne de transmission RF qui permet de transférer les signaux à la puce.

Dans un premier temps, il est nécessaire de regarder quel type de signaux la puce peut convertir en énergie. Pour cela, je vous invite à regarder le tableau ci-dessous qui détaille pour chaque fréquence de transmission la puissance minimale à recevoir pour faire fonctionner la puce. Vous remarquerez également que seules 3 fréquences sont exploitables!

Pour la conception du futur circuit, il est important de prendre en compte ces paramètres puisqu’il faut trouver une antenne de réception compatible avec la fréquence que l’on souhaite recevoir.

Ces considérations vont par la suite orienter la manière dont nous devrons concevoir la ligne de transmission. Nous verrons ça ci-dessous!

LES COMPOSANTS À UTILISER

Dans la vue d’ensemble du circuit intégré, j’ai évoqué le nombre de composants passifs nécessaire pour faire fonctionner celui-ci.

Dans cette partie, nous constituerons le BOM à utiliser pour concevoir un circuit avec l’AEM40940. À la fin de la datasheet, E-peas montre des exemples de circuit ainsi que leurs BOMs. Je me suis basé sur celui-ci pour réaliser le mien (on ne va pas réinventer la roue)

En plus de cette liste, vient s’ajouter celle de la ligne de transmission dont l’objectif est d’adapter l’impédance à 50Ω et qui servira à recevoir les signaux RF.

La aussi, E-peas recommande un BOM d’adaptation selon la fréquence que vous souhaitez recevoir. Voici donc le BOM adapté pour les fréquences 2.45GHz qui sont dans mon cas celles que je souhaite exploiter.

Nous aurons également besoin d’éléments additionnels, type connecteurs, boutons et switchs que vous retrouverez dans en cliquant ici. Pour économiser, j’ai également sélectionné la plupart des composants sur le site LCSC qui est plus compétitif en termes de prix et facilite la conception avec le logiciel EasyEDA. Je vous laisse un lien vers le BOM que j’ai moi même réalisé sur google sheets :

CONCEPTION DU CIRCUIT AVEC EASYEDASCHEMA

Dans cette partie finale, nous allons voir comment concevoir la carte de développement basé autour de l’AEM40940. En plus de la datasheet de la puce j’ai récupéré beaucoup d’informations provenant d’une autre datasheet, celle de la carte de développement réalisé par E-peas eux-mêmes.

Voici à quoi ressemblent leurs cartes en bref:

À la différence de celle-ci qui permet d’extraire les fréquences types 868MHz, nous nous concentrons sur les fréquences 2.45GHz. Certaines fonctionnalités réglables sur cette carte sont selon moi inutiles (notamment concernant la batterie de secours) et d’autre peu pratique à utiliser. Pour réaliser son schéma, je me suis basé sur celui conseillé dans le datasheet!

La seule différence avec celui-ci est qu’à part les composants passifs nécessaires pour le filtrage ou ce genre de chose j’ai décidé de labelliser chaque broche de paramétrages sans les prés reliés. En effet, la plus grande partie d’entre elles seront utilisées pour régler les différents paramètres de la puce.

La deuxième étape a été la partie d’adaptation d’impédance pour l’antenne. Tout comme la carte de développement de E-peas j’ai décidé d’opter pour une antenne SMA d’otée d’une meilleure performance que les antennes intégrées au PCB.

Voici donc le circuit conseillé pour relier un connecteur SMA à la puce. Nous verrons au moment de concevoir le layout que ce type de tracé haute fréquence nécessite quelques règles de conceptions également détaillées dans la datasheet.

Enfin, pour pouvoir régler les paramètres du circuit j’ai opté pour des switchs à la place des broches choisies par E-peas pour leur carte de développement. C’est selon moi plus simple à manipuler et plus joli 🙂

Pour relier les éléments externes à la puce telle que l’élément de stockage, ou un/des circuits tiers j’ai utilisé des bornier à vis.

 

Noté que vous pourrez retrouver le schéma et le layout sur ma page EasyEDA. J’ai le plus possible essayé d’utiliser des composants disponibles sur LCSC pour faciliter leurs implémentations. Toutefois, l’AEM40940 et quelques autres n’y sont pas, j’ai donc emprunté et réalisé une librairie pour avoir leurs empreintes.

LAYOUT

Pour ce layout nous n’avons pas de contraintes de taille particulière si ce n’est la taille maximale acceptée par JLCPCB pour la construction. Pour le placement des composants, j’ai tenté de reproduire plus ou moins celui fait pas E-peas. La carte est une 2 layers, avec les deux faces reliées au GND. Concernant la connexion au connecteur SMA pour l’antenne, j’ai suivi les instructions de la datasheet qui conseille une épaisseur des traces et une clearance de 0.6mm, ainsi que le placement de via’s tout autour des traces “hautes fréquences”.

Finalement, après avoir labellisé les connexions pour pouvoir m’y retrouver pendant l’assemblage et pendant l’utilisation j’obtiens ceci :

On y retrouve l’antenne avec la ligne de la transmission au centre gauche de la carte. Des terminaux de connexion pour y relier un circuit sur le côté gauche et les réglages des divers paramètres à la droite. Enfin, la terminale permettant de brancher la batterie se trouve sur le dessus entourée par des connecteurs femelles donnant accès aux quelques fonctionnalités qui ne sont pas réglables par des switchs.